Le Manoir
Implanté « entre cour et jardin » le Manoir de Villers était en 1581, une « Maison de Maître » construite en pierre de Caumont avec un étage à pans de bois et recouverte de petites tuiles. Il fut transformé et agrandi au cours des siècles, jusqu’à devenir ce grand manoir néo-normand aux toitures inspirées des plus belles maisons de Rouen et aux façades habillées d’un curieux trompe-l’œil (architecte : Lassire).
Vestige des siècles, le manoir est le témoin de la vie quotidienne rurale ; « maison des champs » de hauts personnages rouennais, il évoque un art de vivre fait d’honneurs, d’obligations et de plaisirs.
Une même famille depuis
250 ans
L’histoire commence dans le grand vestibule de l’entrée où le portrait d’Antoine-Michel Blondel accueille les visiteurs. Écuyer, « Conseiller Secrétaire du Roy, Maison et Couronne de France, Contrôleur en la Chancellerie près le Parlement de Rouen, Seigneur et Patron de Saint Ouen de Berthenonville », Blondel acquiert en 1764 « les premières et secondes portions du plein fief de haubert, terre et Seigneurie de Villers, située en la Paroisse de Saint Pierre de Manneville, baillage de Rouen » qu’il lègue en 1784 à son neveu, Michel-Louis Mery de Villers, ancêtre direct de l’actuel propriétaire.
Les grandes transformations
du XIXe
C’est en 1878 que Robert Jules Amédée Mery de Bellegarde reçu le Manoir des mains de son père. Esthète et grand ami des Arts, il entreprit de moderniser Villers, de le rendre plus confortable et accueillant.
Villers est agrandit, surelevé. En premier lieu, une tour crenelée est instalée à l’Est afin d’y accueillir une salle-de-bain pour Madame. Avec l’aide de l’architecte Charles Lassire, une aile Ouest ainsi qu’une imposante tour à trois étages surmontée d’un campanile est édifiée. On y installe un deuxième escalier et l’entrée du Manoir est désormais déplacée, se faisant désormais par ce Grand Vestibule.
L’extérieur n’échappe pas au changement. Dans un souci d’uniformisation, Robert fait réaliser sur la partie basse du corps central du Manoir, un trompe l’œil de briques et de pierre, recouvrant la pierre de Caumont d’origine. Désormais la silhouette est totalement métamorphosée. À l’intérieur, les espaces sont agrandis et la lumière entre à flots, le mobilier est raffiné et les matériaux sont nobles.
La petite maison des champs a laissé place au spectaculaire Manoir néo-normand.
L’ouverture
au public
Après le faste du XIXe siècle vinrent les années sombres du XXe siècle. Le fils unique de Robert, Max Jean Gaston Mery de Bellegarde, est un homme discret et bienveillant qui se met au service de son village. Elu maire en 1929, il verra le village occupé par les soldats de la Panzerdivision en 1944 et l’état-major du général von Schwerin installé à Villers. Les archives familiales servent alors de combustible pour la cuisine. Malgré tout, Villers tiendra bon et échappera aux bombardements.
Robert, Marie, Toussaint, Jean s’y installe en 1987 avec son épouse, Anne-Marie Ricour. La tempête de 1988 fait des ravages sur le Manoir et son Parc. C’est le coût de grâce. Que faire alors? Le coeur parle: pour conserver Villers, Robert et son épouse décident alors de l’ouvrir au public en 1989. Villers est un lieu d’ouverture et d’accueil et il le restera. Tout d’abord, ils réorganisent le Manoir: ils ouvrent des portes, transforment l’ancien office en salle à manger XVIIIe, réduisent la cuisine et ouvrent des fenêtres. Patiemment, ils restaurent le mobilier et , enfin, réhabilitent le Parc. La tâche est rude, mais le coeur y est. En 1997, le Manoir est Inscrit à l’Inventaire au titre de Monument Historique et obtient en 2002 le Label Jardin Remarquable.

